Le Bel Avenir

jeudi 29 septembre 2005

Nan, Jef, t'es pas tout seul.

Hier soir, en sortant du bureau, j’ai continué ma vie trépidante de jeune même pas cadre mais très dynamique, et j’ai passé deux heures et demie au lavomatic. Pardon. Quarante euros, et deux heures et demie (on habite pas impunément à cent cinquante mètres de l’Arc de Triomphe, j’ai l’honneur et le privilège de fréquenter le lavomatic le plus cher du monde).
Sur les coups de 21 h 30, j’ai fini de replier mon linge. À 21 h 45, j’étais en bas de chez moi. Une heure plus tard, j’avais monté les six étages. Je soufflais comme un bœuf, mes poumons pleuraient, j’avais le choix entre le repassage, la vaisselle ou les comptes, et j’ai fini devant Delarue.
Ben oui. Devant Delarue, parce que pour une fois, les Chinois avaient baissé le son, et qu’il a fallu que j’allume la télé pour suivre l’émission.
Le thème du jour : Comment vit-on quand on est très très pauvre ?, ou quelque chose d’approchant. Je comprends que Jean-Luc se pose la question. Il connaît pas. Il est curieux. Il se renseigne.

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mercredi 28 septembre 2005

Petits meurtres en famille

En bon petit soldat que je suis, je suis au bureau entre midi et deux. Faut dire qu’il ne me reste plus que deux tickets resto, et qu’il fait un peu frisquet pour aller manger son sandwich dans le parc de Bercy en apprenant par cœur la programmation de la cinémathèque.
Mais bon, faut pas pousser hein. Je suis payée pour bosser de 9 heures à 18 heures. Pendant la pause dèj’, je blogue si je veux d’abord…
Je viens d’avoir des sueurs froides à cause de Goldenyears, qui multiplie les notes (à la fois drôles et angoissantes) sur une dénommée « Mémé ». Faut voir le personnage. Putain, je me disais. J’ai enfin rencontré quelqu’un qui m’a battu. Il a une vioque pire que la mienne. Après un frénétique échange de commentaires, la pression est redescendue d’un coup. « Mémé », c’est pas sa grand-mère, c’est sa voisine. Mais, bon, l’appeler « Voisine », ça aurait été trop simple.

Le bon point, c’est que je reste championne de grand-mère pourrie toutes catégories.
...Et le mauvais point, c’est que je reste championne de grand-mère pourrie toutes catégories.

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lundi 26 septembre 2005

26 septembre 2005

J'ai recommencé cinq fois une note sur le concept bloguesque. Si si. Rien à faire, ça sort pas. Papa Freud aurait sans doute plein de choses à dire à ce sujet, mais en attendant, ça reste coincé, tel un « l » dans mon clavier. Ca sera pour une prochaine fois.
Et puis en plus en ce moment, il m'arrive des trucs bien plus graves que ça. Ma vie est dramatique.
Nan, parce que je fais croire à tout le monde que j'en fous pas une rame au boulot. Mais c'est pas vrai. J'aimerais bien pourtant, croyez-moi. Ma vie est un enfer. Je fais un job exaltant. Il s'agit, enfin, depuis trois mois, de rédiger la doc utilisateur pour un logiciel absolument passionnant auquel je ne comprends, faut bien le dire, foutrement rien.

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vendredi 23 septembre 2005

Le questionnaire de marmotte75

Les enfants, le week-end arrive, et j'ai pensé à vous.
J'avais envie de faire une note sur au choix :

  • le pourquoi, le comment et la raison profonde du concept bloguesque (hyper bandant)
  • pourquoi je suis une anti-militante chevronnée (au moins sept pages).

Et puis je me suis souvenue que j'avais des lecteurs. Quelques-uns. Gentils et fidèles (LBA essuie une larme émue). J'ai pensé à vous, donc, et voilà, en cadeau, en exclusivité : une note courte.

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mercredi 21 septembre 2005

Un peu (beaucoup) de quotidien. Désolée.

Si vous vous interrogez, que vous vous dîtes : « Mais qu’est-ce qu’il ne faut pas faire quand on veut garder un mec ? », surtout, vous me demandez.
Je suis en train de passer pro. Je devrais peut-être créer une rubrique.
Alors un petit conseil : quand vous le retrouvez pour une nuit, entre une semaine de travail et une autre pire, ne passez pas la soirée à pleurer dans ses bras.
Encore moins à pleurer à cause de lui. Et encore moins parce qu’il vous plaît, que vous vous sentez dépassée par les évènements ; et parce que quoi qu’il dise, vous ne savez pas pourquoi, mais vous le sentez, ce ne sera jamais la bonne réponse, et vous pleurerez de toute façon.
C’est un mec, explique ELLE, il est physiologiquement incapable de donner la bonne réponse. Et pourtant, il essaie. Si, si, vous voyez bien : il transpire. Il n’est pas du tout en train de flipper.

Petit récit en images (nan, je rigole, y aura pas d’images. Peut-être en fin de note, si vous êtes sages).

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mardi 20 septembre 2005

LBA est un cerveau

Un vrai, un brillant, un rare, un sévèrement blond.
Exemple.

Ce qu'il y a de sympa à mon boulot, c'est la bande de collègues inclue dans le pack. Ils sont cinq mecs avec lesquels je m'entends très bien. On est potes, on déjeune ensemble, on se raconte nos vies, on se remonte le moral, on se couvre les uns les autres, tout le tralala. La dreamteam.
Et ça fait des mois que je leur cache minutieusement que :

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dimanche 18 septembre 2005

Jurisprudence sur les voisins de palier

On est dimanche, il est 19h02, et je suis censée dormir. Je voulais juste dire que si un jour on retrouve mes voisins pendus haut et court, ce sera ma faute.

J'étais à un mariage ce week-end. Un mariage à pétaouchnok, comme d'habitude. Je sais pas si vous connaissez ce bled, mais c'est vraiment la croix et la bannière pour y aller.

Étape 1 : Prendre le train de banlieue vers le fond de la banlieue profonde, dûment armée de son plan imprimé sur mappy. Marcher deux bornes sur des talons aiguilles, mariage oblige, jusqu'à l'église la plus triste que la terre ait porté.
Bon, la mariée est jolie, le marié a des étoiles dans les yeux, ça ira pour cette fois.
Supporter la cérémonie. Pas une messe, une bénédiction. C'est pire. C'est juste pour nous rappeler que Jésus nous aime tous très fort et que nous sommes tous frères dans la joie du Seigneur.
Et accessoirement que les mariés s'aiment aussi, ça, c'est cool.

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jeudi 15 septembre 2005

Please, get off the train on the left. Bahada puellado y cierdo (orthographe approximative).

Je reviens du blog de Thilde. Le job de Thilde dans la vie, c'est de conduire le métro, sur la ligne 2. Rien que pour ça, je l'aime bien.
Ben oui, le métro, c'est important dans ma vie. Le truc le plus indispensable dans mon sac à main, excepté mes clopes, mon portable, ma CB et ma pilule (merde ! ma pilule !), c'est mon Navigo pass.
Je vous préviens tout de suite. Vaste sujet, vaste note. Mais j'ai sauté plein de lignes pour que vous puissiez zapper des paragraphes, et en récompense, il y a un dessin à la fin.

Les provinciaux, les demi-Parisiens (pour lesquels j'ai par ailleurs un respect profond, cela va sans dire), n'aiment pas le métro. Pire. Ils ne comprennent pas qu'on puisse aimer le métro. Pour eux, métro = heure de pointe + connasse tombée dans sa bouteille de parfum + sale mouflard qui te marche sur les pieds en reniflant + clochards + est-ce qu'il y aurait moyen de descendre avant que tout le monde se précipite pour monter + pervers (au pluriel). Bon. Ils ont pas entièrement tort, je le concède. Mais le métro, c'est pas que ça.
D'abord, je tiens à préciser qu'il paraît que c'est bien pire ailleurs : mon frère vient de rentrer de six mois à Moscou, et l'une de ses premières réflexions à son retour à été que c'était agréable le métro à Paris, (je cite) au moins ici les gens sont polis. Ah ouais, quand même.

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lundi 12 septembre 2005

Comment être une grosse conne en dix leçons

Mais attention, hein. Pas passer pour une conne. Être une grosse conne, une pure, une dure, une tatouée. Voici un petit cours en dix leçons.

Situation de départ :
Pour commencer, prendre un postulat de base. Parfois, Jules (oui, je sais, c'est ridicule comme dénomination, mais si vous avez une autre idée vous me faites signe), parfois disé-je, Jules a besoin de vous. Il sait qu'il démarre le lendemain un mois et demi de travail de folie, qu'il va faire des journées de huit heures à minuit, qu'on ne va quasiment pas pouvoir se voir pendant tout ce temps. Les samedis soirs, et encore. Du coup il aimerait bien passer la soirée avec vous.

Leçons à mettre en oeuvre :
1/ Sortir voir des copains précisément ce soir-là. De toute façon, il a du boulot, et puis c'est un gars compréhensif. Si vraiment on rentre tard, il a des potes aussi, non ? Bon, qu'il en fasse pas tout un fromage. D'ailleurs, il n'en fait pas tout un fromage.

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jeudi 8 septembre 2005

Ci-gît...

Ci-gît lebelavenir, qui fit de ses derniers mois une lutte à mort contre la machine.
La machine a gagné.
Vengez-la en jetant tous vos ordis par la fenêtre, et en les frappant à coups de marteau, et en pissant dans vos imprimantes.
Mort à Word et à Powerpoint !! (Foutez-vous de ma gueule, c'est vachement plus compliqué à utiliser que ça en a l'air, ces trucs-là...)

PS : Attention, hein, ça veut pas dire que mon blog est mort, ça veut juste dire que ça fait un mois et demi que je me bats contre ma machine, que les gens prennent un air désolé quand je les croise au bureau, que les gars de la cellule technique se cachent dans les toilettes quand j'arrive, et que j'ai une furieuse envie de me pendre avec le fil de la souris.

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lundi 5 septembre 2005

La paille et la poutre

Je n'ai rien posté du week-end. Pas fait signe de vie depuis jeudi ou presque. Le boulot a repris, et je le sens passer. Il est 16 h 45, et j'ai déjà les yeux qui se croisent. J'ai passé le week-end en mode veille. Tout ce que j'ai fait, c'est bouquiner un peu. Terminer ce bouquin sur lequel je m'échine depuis trois mois.
Parce que oui, mesdames et messieurs, dans mon état second de demi-léthargie récupératrice, j'ai réussi un exploit : j'ai lu d'une traite l'Ancien Testament. De la Genèse à Malachie, dans l'ordre. Ca m'a pris trois mois, et j'ai fini hier. Je suis fière de moi.
Je suis fière de moi, parce que je viens de me farcir 950 pages parfaitement imbitables. Parce que la Bible, ce n'est pas seulement d'une violence et d'un racisme sans nom, mais c'est avant tout chiant à mourir (je sens que vous motive pas pour lire la suite, là...).
J'ai eu une éducation catholique assez gratinée. La Bible, pensé-je, je sais ce que c'est.
...Eh ben non. Moi je croyais que là-dedans, tout le monde il était beau, tout le monde il était gentil et que Dieu les protégeait des méchants. Que dalle. Il y a des scènes, même le pire pervers n'aurait pas pu les penser. Et aujourd'hui, on en connait un rayon en pervers. C'est pas moi qui le dit, c'est Claire Chazal. Qu'est-ce que c'est que cette manie de vouloir absolument ouvrir le ventre des femmes enceintes ? Vous saviez que Saül, pour donner sa fille à David (je n'ai pas écrit "accorder la main de sa fille"), il exige qu'il lui rapporte cent prépuces de Philistins pour le lendemain ? Et comme David, c'est un mec, un vrai, et que la donzelle, elle lui plaît quand même vachement, il arrive au matin fier comme un paon, ses cent prépuces en main. De la réaction de la demoiselle, on ne saura pas un mot, mais je l'imagine bien le regarder de ses grands yeux en lui susurrant "Oh, David, mon héros..."
Bref. Je sais que je n'ai pas un point de vue objectif, loin s'en faut. Rien que le fait que je sois une fille, et surtout une fille qui sait lire, ça montre bien que je ne suis pas le public visé. Je sais bien que je vis en 2005. Je sais bien que je n'ai sans doute pas toute la culture requise pour apprécier l'exacte valeur de ce document et remettre chaque chose dans son contexte. Mais quand même.

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jeudi 1 septembre 2005

Looking for Bob Morane

C'est la deuxième fois en quelques jours que l'un ou l'une de mes amis me dit qu'il n'a plus qu'une envie, partir. Partir en voyage, partir vivre ailleurs, partir pour longtemps, partir loin.
La vérité, c'est que nous avons vingt, vingt-cinq, trente ans, et que nous avons déjà commencé à renoncer. La vérité, c'est que nous nous sommes heurtés au marché du travail comme à un mur. Nous avons couru dedans avec toute l'énergie du monde. Au moment de l'impact, vous pouvez me croire, ça fait mal à la machoire.
Oui, nous avions fait un choix. Oui, nous savions que nous choisissions des secteurs professionnels sans avenir. Oui, on nous avait dit que c'était dur, oui, nous l'avions entendu. Mais nous étions la jeune garde. Jusqu'à il y a quelques jours, je croyais que nous l'étions toujours.
Mais voilà que ça commence déjà, insidieusement. Le renoncement nous gagne, nous commençons à lâcher prise, doucement, sans nous en apercevoir.

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