vendredi 28 octobre 2005
Par lebelavenir,
vendredi 28 octobre 2005 à 15:25 :: 2005-2006. Le premier blog
Aujourd’hui est un aujourd’hui particulier.
Un long week-end approche à grands pas (et je me prépare psychologiquement à passer la journée de lundi seule au bureau). Ce soir on prend le train pour aller à Lyon. Mais, surtout, surtout, aujourd’hui Roger prend sa retraite.
Roger c’est un tout petit mec. On lui donne à peine la quarantaine. On évite de marcher trop près de lui, de peur que les mouvements d’air le fassent vaciller.
Bien sûr, Roger ne s’appelle pas Roger – mais pas loin, je vous jure. Ça fait deux semaines que tous les matins quand je passe le saluer, je lui
dis : « Alors, J-10 ? » (9, 8, 7, etc.) Roger et moi, on a pas grand-chose à se dire.
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mercredi 26 octobre 2005
Par lebelavenir,
mercredi 26 octobre 2005 à 16:07 :: 2005-2006. Le premier blog
Oui, d’accord, j’avoue : j’ai regardé Amélie Poulain hier soir. Je suis comme tout le monde : je l’ai vu une première fois au cinéma et je suis sortie avec un sourire niais sur les lèvres.
Je l’ai vu une deuxième fois en DVD et je me suis demandé comment j’avais pu aimer une mièvrerie pareille, du coup j’ai intelligemment suivi le mouvement général en balançant moult saloperies sur le film.
Et je l’ai regardé pour la troisième fois hier soir. Et là, révélation. Amélie, c’est moi.
Ou plutôt : le Paris d’Amélie, c’est le mien. Faut peut-être que j’explique : J’ai toujours eu un peu l’impression de vivre dans une dimension parallèle.
Dans mon univers, on peut faire du stop sans problème, la dame devant vous à la caisse[1] vous laisse passer quand vous êtes pressée, il y a un monsieur pour vous sauver la vie quand vous risquez de vous faire écraser par un métro, les gens sont gentils.
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lundi 24 octobre 2005
Par lebelavenir,
lundi 24 octobre 2005 à 18:03 :: 2005-2006. Le premier blog
Deux heures de réunion avec mon chef cet aprèm’.
Je m’admire.
C’est tout de même génial ces réunions impromptues. Il entre dans mon bureau, brusquement, sans toquer. Le temps de me remettre de mon arrêt cardiaque, de m’accrocher à ma souris pour fermer mes fenêtres en cours et de prendre un regard innocent, je lève les yeux vers lui l’air de dire justement, je t’attendais.
Il s’appuie sur le dossier d’une des chaises de mon bureau, inspiré, et il me dit : Y a eu des changements. T’es au courant ?
C’est toujours la même chose. J’essaie de répondre oui, en espérant qu’il va répondre « Ah, d’accord », et qu’il va partir. C'est bien, l’espoir. Ca fait vivre, il paraît. Mais à part faire vivre, franchement, ça sert pas à grand-chose. La preuve. Il me répond systématiquement, comme si c’était une évidence :
- Non, mais d’autres.
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jeudi 20 octobre 2005
Par lebelavenir,
jeudi 20 octobre 2005 à 14:29 :: 2005-2006. Le premier blog
En ce moment, il se passe des choses étranges. On frôle le paranormal.
Ce matin, Pierre a décroché mon téléphone en croyant que c’était le réveil qui sonnait. C’est vrai que recevoir des coups de fil à 8 heures du mat, ça ne m’arrive pas tous les jours. Et Dieu merci, cette fois-ci, c’était pas ma mère.
J’imagine très bien l’instant de panique quand il s’est aperçu qu’il y avait un vrai gens au bout du fil. Un vrai gens qu’il ne connaissait pas, un vrai gens qui ignorait jusqu’à son existence, ou presque. J’imagine l’instant d’hésitation, le moment où il s’est dit qu’il ne pouvait plus reculer, et puis son geste pour rapprocher le téléphone de son oreille, prudent. J’imagine sa voix du matin, et mon amie au bout du fil qui a dû se dire que j’avais sévèrement mué.
Un court blanc.
Il ne m’a pas raconté la suite. Tout ce que je sais, c’est ce qu’il m’a dit trois minutes plus tard quand je suis revenue de la salle de bains / des toilettes / de la cuisine (entourer la bonne réponse). Euh. LBA, y a eu comme un bug. Je ne réponds rien, je m’attends au pire.
Tu connais une certaine Unetelle ? Je réponds oui en me demandant mes grands dieux d’où il pouvait sortir le nom de cette fille. Ben, elle t’attend à la Madeleine à 13 heures.
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mardi 18 octobre 2005
Par lebelavenir,
mardi 18 octobre 2005 à 13:30 :: 2005-2006. Le premier blog
J’ai pas fait exprès, mais faut se rendre à l’évidence : je suis devenue une blogueuse engagée.
C’est fort, ça, je trouve. Moi qui ne supporte pas Jean-Paul Sartre. Moi qui ne suis même pas féministe. Moi pour qui « manifestation » rime seulement avec « problème de circulation » (et j’ai même pas de voiture). Moi qui rame dans la semoule pour m’accorder le droit, peut-être, un jour, d’avoir une opinion personnelle – qui prends des cours pour oublier mon statut microbien et mes connaissances lilliputiennes.
Je suis une blogueuse engagée. Ah. D’accord. …Tout ce que je disais, c’était que j’avais envie de fumer tranquille.
Tout ce que je voulais, c’était arrêter de faire des notes larmoyantes en étalant ma vie privée, et aborder un sujet qui puisse concerner à peu près tout le monde. Je peux vous donner un conseil ? Surveillez-vous quand vous parlez : j’ai voulu demander à fumer peinard, et j’ai lancé Katrina dans la nature. J’ai écrit un billet d’humeur, et je ne peux plus reculer.
Vendredi, note pro-fumeur oblige, j’ai fumé comme un pompier. Dans mon bureau, en plus. (Pardon, pardon, je le ferai plus.) Mon voisin de gauche vient de se faire virer, ma voisine de droite est en voyage de noces. Pas de non-fumeur à l’horizon : je me suis lâchée.
À l’heure du bilan, je peux l’avouer, répondre à ses commentaires de la main gauche, bosser de la main droite, et fumer avec la main qui reste, c’est pas très malin. Surtout quand on a très faim.
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vendredi 14 octobre 2005
Par lebelavenir,
vendredi 14 octobre 2005 à 13:34 :: 2005-2006. Le premier blog
Mybloody a raison. Quand on est amoureux, c’est fou ce qu’on peut se dire comme conneries, fadaises et autres niaiseries. En ce moment, je baigne dedans. Tout ce qui m’est arrivé ces derniers jours a été susurré sur un ton énamouré. J’ai des étoiles dans les yeux et je vois des oiseaux chanter partout.
Pour moi c’est génial, et pour les autres, c’est chiant. Je suis pas cruelle : j’allais quand même pas vous imposer ça indéfiniment.
Résultat, je me suis massé le cerveau (je suis polie) pendant deux jours pour trouver un sujet de note. Panne sèche.
Et puis, en allumant mon briquet, la flamme, l’illumination. Bon sang mais c’est bien sûr. Bien sûr j’ai des trucs à dire. La preuve : ce qui m’énerve en ce moment, ou plutôt ce qui m’énerve depuis bientôt dix ans, c’est ça :

(On admirera au passage la finesse des arguments).
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mardi 11 octobre 2005
Par lebelavenir,
mardi 11 octobre 2005 à 15:08 :: 2005-2006. Le premier blog
J’en ai même pas parlé, j’avais la tête ailleurs, mais ce week-end c’était quand même une date importante. Un anniversaire, même : les six mois de mon blog. J’ai un problème avec les anniversaires, mais j’ai quand même envie de fêter ça dignement, dans la plus pure tradition. Et qui dit tradition sur 20six, dit forcément questionnaire. Je l’ai emprunté chez Fridou, que je salue bien bas.
Quand êtes-vous déjà mort ?
Il y a quatre ou cinq ans, à l’époque où j’habitais à Laumière. Comme tout bon Parisien, j’avais la manie de courir pour attraper mon métro, même quand la sonnerie retentissait, et ce jour-là, j’ai fait très fort. Quand ça a commence à sonner, j’avais même pas encore passé mon ticket dans la machine (oui, c’était l’époque avant le Navigo Pass, l’Histoire jouait contre moi).
Je voulais absolument entrer dans le premier wagon et être juste en face de la sortie. J’ai couru tout ce que j’ai pu.
À défi débile, issue débile.
...C’est la cigarette qui m’a sauvée. Quand mes poumons m’ont lâché lâchement, j'ai renoncé à ma première voiture et je suis montée dans la deuxième. Au moment précis où les portes se fermaient.
Je veux dire, ma chaussure gauche est montée. Moi je suis restée sur le quai, à sautiller sur la jambe qui me restait. J’essayais comme je pouvais de suivre le métro et mon pied coincé dans la porte. Oui, les premières secondes, c’est rigolo. Les petits garçons se marrent en vous regardant, les gens sourient. Vous-même, vous êtes plus gêné par le ridicule qu’autre chose. Mais bon, faut pas pousser. J’ai beau être très douée en saut à cloche-pied, le métro accélère quand même plus vite que moi.
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lundi 10 octobre 2005
Par lebelavenir,
lundi 10 octobre 2005 à 12:14 :: 2005-2006. Le premier blog
Dimanche. Il est treize heures.
Je viens de me lever et je suis devant mon ordinateur – pour ceux qui n’auraient pas deviné. Vendredi, dans l’après-midi, mon boss est venu m’annoncer, grand prince, qu’il m’augmentait de presque 25 %. Je préfère le dire en pourcentage, c’est meilleur pour le moral. Faut dire que zéro + 25 % de zéro, ça fait toujours pas grand chose. Bizarrement, je ne me suis pas sentie soulagée. Le stress n’est pas descendu tout de suite.
Fin de journée. Je suis assise derrière mon bureau, les locaux sont vides et je regarde fixement le téléphone. Mon augmentation, je m’en fous. Ce que je veux, c’est le dire à Pierre.
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vendredi 7 octobre 2005
Par lebelavenir,
vendredi 7 octobre 2005 à 13:53 :: 2005-2006. Le premier blog
L’innocence de la jeunesse, ça a quand même du charme. Je suppose qu’il y a une foule de choses que l’on apprend avec l’âge et l’expérience.
Par exemple, quand une journée commence mal, faut faire le mort. Surtout, surtout, ne prendre aucune initiative. Quand je me suis levée hier, j’étais blindée de motivation. Blindée.
Allez, et que je me réveille avec une heure d’avance, et que ce matin, défi, j’arrive au boulot à l’heure. Soyons fous, je tente le coup, j’arrive même avant les autres. Résultat, je suis restée coincée comme une bleue sur la ligne 14 et je suis arrivée encore plus tard que d’habitude. J’aurais pris mon métro habituel, il y aurait pas eu de problème. Conclusion : ce jour-là, filer droit.
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mercredi 5 octobre 2005
Par lebelavenir,
mercredi 5 octobre 2005 à 23:55 :: 2005-2006. Le premier blog
Il y a un moment où il faut regarder la vérité en face. Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Je le fais en connaissance de cause, je vais à la rencontre de mon destin. Je le sais bien, c’est ma réputation de sex-symbol qui va en prendre un coup (Schleuder, ta gueule[1]).
Ça s’appelle l’effet papillon. Vous savez, la théorie selon laquelle chaque petit événement a des conséquences insondables ; alors les drames amoureux, je ne vous raconte pas.
Cause, effet, conséquence, j’aurais dû le prévoir. Le raisonnement était pourtant pas bien compliqué :
- Pierre fait une crise existentielle.
- LBA fait la gueule et a un peu de mal à s’endormir.
Conséquence : LBA somatise. Voilà, tout ça pour vous dire ça : j’ai une sale gueule.
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mardi 4 octobre 2005
Par lebelavenir,
mardi 4 octobre 2005 à 15:46 :: 2005-2006. Le premier blog
Comme je le disais il n’y a pas très longtemps, ce blog, ça devient une autoroute.
D’un côté, ça me rassure, ça veut dire que ça n’est pas un journal intime, et donc que j’ai passé le cap des douze ans et demi avec succès. Good point.
Je n’ai pas l’impression de parler de moi. Non, on ne hurle pas ; j'ai vraiment pas l'impression de parler de moi. Franchement, elles ne sont pas si nombreuses les notes où je raconte mes peines de cœur.
J’en conviens, il y a une sévère recrudescence en ce moment. En même temps, je ne me fais pas plaquer tous les jours, je vous assure.
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lundi 3 octobre 2005
Par lebelavenir,
lundi 3 octobre 2005 à 10:13 :: 2005-2006. Le premier blog
Il y a des soirs, comme ça, où personne ne répond au téléphone, et où on en a sévèrement gros sur la patate. On vient de pleurer bêtement, seule, debout dans le métro. On serre dans sa poche le billet qui servira à acheter quelques despés, et puis on s’aperçoit qu’on est dimanche, et que le dimanche, toute épicerie qui se respecte est fermée.
Alors on se retrouve au Publicis des Champs – un bienfait de l’humanité. Enfin des gens qui ont compris qu’un commerce ouvert tard le soir, dimanche inclus, c’est important.
…Un bienfait, peut-être, mais au Publicis, ils n’en vendent pas, des despés. Ça doit être trop populaire, comme bière. Alors on se fait une raison, et à la place, on repart avec trois Corona sous le bras, à trois euros la bouteille. C’est quand même vachement plus classe. Ce soir, je bois la même bière que Chirac.
Je crois que je vais commencer cette note par des excuses. Parce que ça fait quelques jours que je poste des trucs pas vraiment marrant-marrant, et que ça doit commencer à vous gonfler. Je suis désolée. Je vous assure que ça va me passer. Ça va me passer.
J’espère simplement que ça reste écrit correctement. J’espère que c’est lisible, sincèrement.
Ce soir, j’ai un truc à faire passer.
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samedi 1 octobre 2005
Par lebelavenir,
samedi 1 octobre 2005 à 14:56 :: 2005-2006. Le premier blog
Hier soir, j’avais un truc à fêter : la fin de la semaine.
Comme je suis une fille bizarre, la fin de la semaine, ça m’angoisse. Je culpabilise d’être soulagée. Je me dis que je n’ai pas bossé suffisamment, que je ne mérite pas ce qui m’arrive, et qu’ils vont bien finir par s’en apercevoir que la touche de mon clavier que j’utilise le plus, c’est F5 (Miam, non !!! Argh, too late (1)).
Je sais pas vous, mais moi, culpabiliser, ça me stresse. Résultat, quand la fin de la semaine arrive, faut que je me détende. Et pour me détendre, y a pas trente-six méthodes : ça rate pas, c'est direction la Butte-aux-Cailles.
Hier soir, donc, j’ai retrouvé mes compagnons de tablée du dernier mariage (2), on s’est fait un petit dîner chez Gladines, et on est partis à l’assaut du Merle Moqueur (3).
Y en a plein, des bars, rue de la Butte-aux-Cailles. Vous hésitez, vous ne savez pas lequel tester ? Écoutez-moi les yeux fermés : vous prenez celui qui a l’air le plus glauque, comme ça, de l’extérieur, et vous entrez. Vous ne pouvez pas vous tromper. Il y a un vague néon blanc en guise d’enseigne, et une porte vitrée complètement opaque à cause de la buée.
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