Le Bel Avenir

mardi 8 juillet 2008

Record battu

En fin de semaine dernière j'étais tellement fière de moi que je me suis lancée dans de grandes aventures culinaires : l'évènement mérite d'être marqué d'une pierre blanche.
Je ne parle pas seulement du fait de se mettre à cuisiner. Quand on a jamais vu une casserole du côté du manche, c'est souvent une démarche motivée par l'ennui chronique que peuvent provoquer trois mois de chomage. L'évènement, c'est surtout que j'avais fait un choix que j'étais prête à assumer. L'espace de dix minutes, j'ai pu vivre sans toutes ces angoisses qui ont la fâcheuse habitude de changer de pièce en même temps que moi : fière.
Très bien m'étais-je dit : je veux la fac ; il ne reste plus qu'à attendre la réponse des Assedics. Et de m'asseoir. Et de m'emmerder. Et de cuisiner.

J'étais donc les deux mains dans la farce, à malaxer joyeusement un mélange de riz et de viande hachée devant l'un de ces films intellectuels que diffuse M6 dans l'après-midi, lorsque mon téléphone a sonné. J'ai décroché sans réfléchir, comme si c'était forcément mon homme qui m'appelait.
- Groumph ? que je demande avec élégance.
C'est ça le luxe quand on a fait des Lettres : être capable de saisir toutes les nuances d'un seul mot et rendre ainsi tout son lustre à la langue française. Dans mon « groumph » si sobre, il y avait tout à la fois : « Ouais, quoi ? », « Putain, tu fais chier, tu choisis bien ton moment pour m'appeler » et tout simplement « groumph ».

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mardi 1 juillet 2008

Peux mieux faire

Bon, c'est en progrès.
C'est bien la première fois de ma vie que professionnellement, j'ai le choix.
J'ai expérimenté l'affaire dans des milieux professionnels variés et pour des salaires toujours à peu près similaires, et c'était tellement redondant qu'au lieu d'être inquiet, angoissé ou de se remettre en cause, on ne peut qu'être fatigué : faites des études, donnez-vous à fond, travaillez comme un malade, je ne sais pas comment font les autres, mais en face de moi, il y a toujours eu un mur.
2007 et mes quelques mois passionnants dans l'administration m'auront appris ceci : rien ne sert de courir, il faut faire le mort et attendre que ça tombe. Le pire, c'est que ça marche.
Lors de mon entretien de fin de mission, on m'a dit deux choses. La première, c'est que ma plus grande qualité était de savoir attendre et la seconde, qu'on pouvait malgré tout regretter ma timidité - enfin, le fait que je ne sois pas plus causante. J'ai regretté qu'aucun de mes amis ne soit dans la pièce pour entendre de telles conneries et je me suis dit que j'avais surtout un putain de sens de l'adaptation.

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